Vous savez ce que vous aimeriez changer, mais vous avez du mal à vous y mettre ou à tenir dans la durée ? Cela ne signifie pas forcément que vous manquez de volonté. Le changement dépend de plusieurs éléments, et il peut se construire par petites étapes.
« Je sais ce que je devrais faire… mais je n’y arrive pas »
Faire davantage de pauses, dire non plus souvent, reprendre une activité, modifier une habitude… Nous savons parfois très bien ce que nous aimerions changer. Pourtant, entre l’intention et le passage à l’action, quelque chose bloque.
On peut alors se reprocher de manquer de motivation ou de ne pas être assez discipliné. Mais le changement ne dépend pas seulement d’une décision ferme. Il peut aussi être influencé par la fatigue, les émotions, les contraintes du quotidien, les habitudes déjà installées ou la crainte des conséquences.
La volonté peut aider à démarrer. Elle ne suffit pas toujours à rendre le changement facile, ni à le maintenir lorsque la vie se complique.
Un changement se construit dans un contexte
Prenons l’exemple d’une personne qui souhaite prendre davantage de temps pour elle. Elle se promet de garder une soirée libre chaque semaine, mais finit par accepter d’autres demandes.
Cela peut sembler être un problème de volonté. Pourtant, plusieurs questions méritent d’être explorées :
Est-elle déjà très fatiguée ou sollicitée ?
A-t-elle peur de décevoir en refusant ?
Sait-elle concrètement ce qu’elle aimerait faire de ce temps ?
Son entourage respecte-t-il facilement ses limites ?
Cette soirée libre est-elle réaliste dans son organisation actuelle ?
Ces questions ne servent pas à trouver des excuses. Elles aident à comprendre ce qui rend le changement difficile et à chercher un point de départ adapté. Un objectif tient davantage compte de la réalité lorsqu’il est précis et faisable dans le quotidien de la personne.
La motivation peut venir en avançant
Nous imaginons souvent qu’il faut d’abord se sentir motivé pour agir. Or, il arrive aussi que l’envie apparaisse après un premier pas : commencer une tâche pendant cinq minutes, sortir marcher un petit moment ou envoyer un message que l’on repoussait.
Le premier pas n’a pas besoin de tout régler. Il peut simplement fournir une expérience nouvelle : « J’ai essayé, et c’était possible aujourd’hui. » Les conseils du NHS sur le bien-être soulignent l’intérêt de commencer petit et de ne pas se comparer aux autres lorsqu’on installe une nouvelle habitude.
Cela ne veut pas dire que tout devient facile avec de petits pas. Une difficulté importante peut demander du soutien, du temps ou des changements plus larges. Mais réduire l’objectif peut parfois le rendre plus accessible.
Cinq questions pour rendre un objectif plus accessible
Si vous avez envie de changer quelque chose, vous pouvez prendre quelques minutes pour explorer ces questions.
1. Qu’est-ce que j’aimerais voir évoluer ?
Essayez de décrire une situation concrète. Par exemple : « J’aimerais réussir à faire une pause pendant ma journée » est plus précis que « Je veux aller mieux ».
2. Pourquoi ce changement compte-t-il pour moi ?
Votre raison personnelle peut vous aider à garder le cap. Elle peut être différente de ce que les autres attendent de vous.
3. Qu’est-ce qui rend ce changement difficile aujourd’hui ?
Repérez les obstacles possibles, sans vous juger : manque de temps, fatigue, peur, habitude, manque d’aide ou objectif trop ambitieux.
4. Quel serait le plus petit premier pas réaliste ?
Par exemple : prévoir une pause de dix minutes, demander un relais ponctuel ou préparer la veille ce qui pourrait faciliter une nouvelle routine.
5. Comment saurai-je que ce pas m’a été utile ?
Vous pouvez observer ce qui a été possible, ce qui vous a aidé et ce qui reste à ajuster. Le but n’est pas de réussir parfaitement, mais de mieux comprendre votre expérience.
La confiance dans sa capacité à agir peut aussi jouer un rôle dans la motivation et le changement de comportement, comme le décrit le concept d’auto-efficacité en psychologie. Une petite action réussie peut ainsi devenir une information utile sur ce qui vous convient.
Et si je n’y arrive pas cette fois ?
Une tentative qui s’interrompt ne signifie pas que vous avez échoué définitivement. Elle peut révéler que l’objectif était trop exigeant, que le moment était mal choisi ou qu’un obstacle n’avait pas encore été pris en compte.
Vous pouvez alors vous demander :
Qu’est-ce qui m’a empêché d’avancer cette fois-ci ?
Qu’est-ce qui m’a malgré tout aidé ?
Que puis-je modifier pour rendre la prochaine étape plus accessible ?
Recommencer ne signifie pas repartir de zéro. Vous repartez avec des informations nouvelles sur vous-même et sur votre situation.
Comment un accompagnement thérapeutique peut-il aider ?
Un accompagnement thérapeutique peut offrir un espace pour clarifier ce que l’on souhaite, mettre des mots sur ce qui freine le changement et réfléchir à des étapes adaptées à sa situation. Selon les besoins et le cadre de la personne qui accompagne, le travail peut s’appuyer sur l’échange, des exercices de relaxation, l’hypnose ou d’autres outils.
L’accompagnement ne consiste pas à décider à la place de la personne ni à lui imposer un objectif. Il peut l’aider à mieux comprendre son expérience, à mobiliser ses ressources et à envisager des pistes d’action. Les approches et les résultats varient selon les personnes et les difficultés rencontrées.
Lorsqu’une souffrance devient intense ou durable, ou qu’elle perturbe fortement le quotidien, il est important de chercher un soutien professionnel adapté. Un accompagnement de bien-être ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu’il est nécessaire. L’Organisation mondiale de la Santé distingue différents types d’interventions psychologiques et souligne qu’elles peuvent s’inscrire dans un ensemble plus large de soutiens.
Avancer à son rythme
Changer ne demande pas toujours de tout bouleverser d’un coup. Parfois, le premier mouvement consiste à comprendre ce qui se passe, à demander de l’aide ou à choisir une étape assez petite pour être tentée.
La question n’est donc pas seulement : « Ai-je assez de volonté ? » On peut aussi se demander : « De quoi ai-je besoin pour rendre ce changement un peu plus possible ? »